Arrêt sur images

Publié par Marc Chapleau le 20 Février 2012

Les images, on le sait, valent beaucoup de mots. En voici donc quelques-unes, prises ces derniers jours en Australie et qui racontent un peu, de l’intérieur si on veut, comment se déroulent nos reportages Cellier.

À chacune je joins tout de même un peu de paroles, histoire de mettre en contexte.

C’était samedi matin, au Central Market d’Adélaïde. Rien de si spécial à signaler, cela ressemble à nos marchés publics, sauf que… à peu près tout était d’origine locale — australienne s’entend. Les bougres sont pratiquement autosuffisants ! Tant en produits frais, comme les fruits et les légumes, qu’en matière de viande. Quant aux poissons et fruits de mer, on n’en parle pas… le pays entier est entouré d’eau.

Vous saviez déjà qu’on allait jusqu’aux dernières extrémités pour vous concocter un magazine de haute volée, mais le photographe Jean-François Lemire, cette fois, a franchi une nouvelle limite… Il a passé une heure étendu à même le sol à prendre en photo des bouteilles et des verres. Tout ça tandis qu’un bataillon de fourmis essayait de coloniser son pantalon… Il est après cela rentré à l’intérieur avec ses accessoires, le soulagement peint sur le visage, heureux d’avoir enfin faussé compagnie aux envahissantes bestioles.

Vous voyez ce que c’est ? Un dessus de capsule dévissable, en l’occurrence d’un très bon riesling de la Clare Valley, située à environ deux heures de route au nord de la capitale de l’État de South Australia (Adélaïde). Je venais de faire une très intéressante dégustation comparative : 10 rieslings de Eden Valley vs 10 autres provenant de la plus fraîche encore vallée de Clare. Le verdict ? Clare l’emporte, les vins y sont plus vibrants, plus acidulés, plus mordants quasi. Les rieslings de Eden Valley sont très bons tout de même, attention. Même que les simples amateurs, pas si connaisseurs, le préféreront probablement, le vin a plus de rondeur, de « douceur », tout en restant bien nerveux. Dans les deux cas, le taux d’alcool avoisine les 12 pour cent. (En passant, si près de 80 % de la production australienne est aujourd’hui conditionnée à l’aide d’une capsule dévissable, ce n’est ici que depuis le début des années 2000 que ce mode de bouchage s’est répandu.)

Désolé ! Mon zoom n’est pas puissant et il était très haut perché dans un eucalyptus, à roupiller comme il le fait le plus clair du temps, dans la journée, avant de descendre de son arbre le soir et la fraîcheur venus. Ah, au fait, je n’ai pas identifié ce mammifère emblématique qu’aiment bien aussi les amateurs de Scrabble; mais tout le monde aura reconnu n’est-ce pas ce bon vieux koala.

Mark Jamieson, le winemaker chez Barossa Valley Estate, se fait tirer le portrait par Jean-François Lemire. Normalement je suis en train de déguster, pendant ce temps-là; mais je me suis éclipsé quelques minutes, le temps de les croquer sur le vif.

Comme en Californie, dans le Niagara et même chez nous, au Québec, les visiteurs sont les bienvenus en Australie dans les boutiques de vente des wineries, qu’on appelle ici des Cellar Doors.

Encore aujourd’hui, trois jours après le fait, je n’y crois pas… Un shiraz de la Barossa à 11,3 % d’alcool ! Le winemaker que j’ai rencontré sur place, à Barossa Valley Estate, ne savait pas non plus comment l’expliquer, il ne travaillait pas encore pour le domaine à l’époque. Le vin, cela dit, était très bon, avec encore du fruit, de l’acidité juste assez, une certaine complexité. Après une trentaine de minutes, il a commencé à se faner, par contre; comme j’étais seul dans la salle de dégustation, j’en ai profité pour requinquer ce 1996 avec quelques gouttes du même vin mais dans le plus puissant (14,5 % d’alcool) millésime 2006, que je dégustais en parallèle. Ça a marché !

Étonnant ! Ces cuvées sont élaborées par des étudiants de la faculté d’œnologie de l’université d’Adélaïde. Elles se distinguent par leur relative élégance, sans lourdeur, une gorgée en appelant une autre. (D’ailleurs, de plus en plus de vins australiens s’alignent avec cette tendance, recherchant le maximum de fraîcheur.) On les sert lors des réceptions et événements officiels de l’institution, et le personnel peut en acheter, aussi. Nous avons passé là-bas une couple d’heures en compagnie de chercheurs universitaires.

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