Bons achats de fin de semaine

Publié par Marc Chapleau le 2 Février 2012

Bon, c’est vrai, mes recommandations de fin de semaine ne sont pas exactement données, mais les produits choisis nous en donnent, en revanche, pour notre argent.

À commencer par le Chablis 2010 Joseph Drouhin, à 25,25 $. Un blanc de Bourgogne vif et minéral et avec du gras même, un certain velouté de texture malgré l’acidité marquée. Avec des huîtres nature, peu importe la variété, et une ou deux gouttes de citron, voilà un apéro qui ouvre royalement l’appétit. (***1/2)

Autre très bon blanc, qui mérite pratiquement le même score et quasi au même prix (25,85 $), le Sancerre 2010 Pascal Jolivet. À la fois généreux et nerveux (bonne acidité mais un cran moins mordant que « vif »), pas marqué par la note de buis prononcée (ou de pipi de chat) qu’on retrouve souvent dans les vins à base de sauvignon blanc. À l’achat, on notera l’autocollant « Levures indigènes » apposée sur la bouteille. Le producteur affirme ainsi ne pas avoir utilisé de levures cultivées, qu’on achète; il dit s’être contenté des levures naturellement présentes sur la peau des raisins pour faire fermenter le jus. Ce n’est pas en soi un gage de qualité, le vin peut quand même être moyen, mais Jolivet, dans le cas présent, a réussi son pari.

En rouge maintenant et on reste dans la Loire, le Château de Fesles Vieilles Vignes Anjou 2010 (18,35 $ – **1/2) est fait essentiellement à partir de cabernet franc. Or il ne sent pas tant le poivron vert (un peu, tout de même) que le créosote, l’intérieur de tuyau de poêle. Voilà, j’en conviens, qui n’est pas très invitant… Sauf que c’est dosé, tout de même, il n’y a pas que ça, on retrouve aussi des notes évoquant la mûre ou la framboise – et quelque chose de floral aussi, à l’aération. L’ensemble demeure peu corsé et légèrement acidulé – amateurs de vins ronds et vanillés, soyez prévenus. Particularité : ce rouge de la Loire a bien paru, servi légèrement frais, sur une fondue au fromage traditionnelle.

Enfin, le coteaux-du-languedoc Mas Jullien 2008 mérite une place dans tout cellier qui se respecte. Le prix – 39,25 $ – peut sembler élevé pour un vin de cette région mais quelle tenue, quelle autorité ! Bien sûr, le vin est très jeune et il faudrait idéalement l’attendre encore au moins quatre ou cinq ans. Mais la trame tannique, la structure, la netteté des saveurs… Un excellent vin, à carafer impérativement un bon trois ou quatre heures à l’avance, si l’on souhaite le goûter ces jours-ci.

Pour l’anecdote : je viens d’ailleurs d’ouvrir le millésime 2006 du même Mas Jullien, et malgré deux heures dans une carafe, par terre, tout contre la porte de la véranda pour que le vin reste frais, les odeurs et les saveurs s’étaient à peine ouvertes. N’empêche qu’à deux, sur un filet mignon de bœuf saignant et sa sauce aux champignons sauvages, la bouteille – la carafe, plutôt ! – s’est vidée en criant ciseau. (****)

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commentaires

  1. Eric P dit le 2 Février 2012 à 7:44 pm

    Le Chablis 2010 Joseph Drouhin est un beau produit munit d’une belle acidité. C’est vif et impétueux. Mais pour vraiment connaître ce que peut nous faire vivre un Chablis, vaux mieux se rabattre sur un cru classé. Le Chablis premier cru Vaucoupin Patrick Piuze 2009, SAQ : 11474658, pour dix dollars de plus, à 35,25$, nous transporte littéralement ailleurs. De plus, Patrick Piuze est originaire du Québec.

    http://erpe-vino.blogspot.com/

  2. Marc Chapleau dit le 5 Février 2012 à 4:27 pm

    Merci du tuyau ! Nous connaissons bien Patrick Piuze, par ailleurs, nous avions même publié un portrait de lui voilà quelques années dans le magazine Cellier, bien avant qu’il ne soit célèbre avec ses propres vins.

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