Ce bon vieux liège

Publié par Marc Chapleau le 8 Février 2012

Je ne sais pas trop ce qui se passe, me voilà rendu nostalgique. Rapport au bouchon de liège, toujours très répandu, mais de plus en plus souvent remplacé par des bouchons dévissables. Dont, moi le premier, j’ai longtemps fait l’apologie…

Mais je ne suis pas vire-capot à ce point : j’aime encore me trouver face à une bouteille munie d’une capsule à vis, comme disent les cousins français. Cela me donne à peu près l’assurance que le vin ne sera pas bouchonné, bien que techniquement cela puisse quand même se produire – la molécule en cause, responsable du goût de bouchon et des odeurs de carton qui y sont associées, étant alors transmise au vin par du bois ou quelque autre composante contaminée, au sein du chai.

Mais… pour avoir dévissé encore une bouteille hier soir, je comprends la réticence qu’ont encore à l’endroit de la capsule beaucoup de consommateurs ordinaires.

Après tout, le rituel est agréable, qui nous amène à ouvrir le tiroir, prendre le tire-bouchon (ou choisir lequel on va utiliser, si on en a plusieurs), déployer la mèche vrillée puis le couteau pour couper sous le goulot l’enveloppe métallique qui recouvre le bouchon, enfoncer la mèche le plus au centre possible, tourner en même temps qu’on fait la conversation avec ses invités puis extraire celui-ci, en deux temps si le tire-bouchon est à double levier, jusqu’au fameux pop ! caractéristique.

Vrai qu’en bon spécialiste de la chose, je me dis qu’importe le mode de bouchage, c’est le contenu qui compte. Et donc la capsule dévissable me rassure, à ce chapitre.

Mais quand même, avec le noble matériau naturel qu’est le liège – et d’autant étant donné que sa préservation est pratiquement assurée – ce bon vieux bouchon ajoute un certain charme à l’opération, non ?

Un délicieux chardonnay

Puisqu’on en parle, voici un très bon vin (***), le Chardonnay Kumeu River 2008, qui m’a charmé même si je l’ai ouvert en moins de deux et trois tours de vis. Peut-être un peu cher, à 34 $, mais la qualité est là, un attrayant arôme fumé-boisé, de la nervosité et de la netteté dans les saveurs, une finale rafraîchissante – à l’aveugle, on méprendrait aisément ce blanc néo-zélandais pour un bourgogne. Sur un filet de saumon à peine cuit, encore bien humide à l’intérieur, arrosé d’huile d’olive et d’un peu de citron.

P-S. — Et pour entendre la douce musique d’un bouchon de liège extrait de sa bouteille, un mélodieux glouglou ou encore le bruit fait par une capsule métallique qu’on dévisse, tendez l’oreille sur ce site.

-
|

commentaires

  1. André Gélinas dit le 8 Février 2012 à 8:11 pm

    Je n’ai rien contre les bouchons dévissables ou les “autres” synthétiques. Ce que certains et même plusieurs ne savent peut-être pas, c’est que le liège, devenant plus rare, est recyclable. Je vous suggère de ne pas jeter vos bouchons de liège à la poubelle mais de les apporter dans un de vos marchands de fabrication de vins et bières maison sous la bannière “Winexpert” du Québec et des autres provinces. Ces lièges sont recyclés en matériau de construction. Bien pensé, n’est-ce pas ?

  2. Sylvin dit le 12 Février 2012 à 7:35 pm

    Le bouchon de liège est un anachronisme. En continuant de vivre dans le passé, on peut profiter encore des 5 % de bouteilles bouchonnées. L’aluminium est recyclable à 100 %. En continuant aussi de discourir sur les mérites de l’un ou de l’autre, on fait le jeu du lobby du liège. Bonne chance lors de l’ouverture de votre prochaine bouteille avec un bouchon de liège ! Un Scharzhofberger riesling 2009 d’Egon Muller bouchonné à près de 50 $, ça sent pas bon et c’est très décevant. Savez-vous qu’en continuant à utiliser le liège, vous aidez à préserver les forêts de chêne-liège ainsi qu’un oiseau de proie ? Tant qu’à tomber dans le mélo…

  3. Planeteliege dit le 13 Février 2012 à 6:25 am

    Tout à fait d’accord avec André. Voici la carte des différents points de collecte de bouchons de liège en France : http://www.planeteliege.com/recyclage.php

  4. Marc Chapleau dit le 14 Février 2012 à 8:00 pm

    À Sylvin : je vous reçois cinq sur cinq, et j’abonde en partie avec ce que vous dites. Je crois néanmoins qu’au-delà de la pure efficacité (procurée – mais pas toujours – par le dévissable), la poésie du liège existe bel et bien. Pour le meilleur et pour le pire (satanés vins bouchonnés, je vous l’accorde).

Laissez un commentaire


sept + 6 =

© Tous droits réservés, SAQ 2012
Les prix indiqués dans les différents articles et vidéos sont sujets à changement sans préavis.