Cépage inusité : la corvina

Publié par Frédéric Fortin le 20 Mars 2014

La série de billets « cépage inusité » se consacre à des variétés de raisins moins courantes, insolites ou du moins qui ne font pas partie des cépages dits internationaux. Une fois par mois, on part à la découverte de vins originaux, de producteurs singuliers, de régions vinicoles curieuses… Bref, on sort de notre zone de confort.

La corvina n’est sans doute pas inconnue des amateurs d’amarone – célèbre vin de la Vénétie reconnu pour sa concentration, sa puissance et son pourcentage élevé d’alcool –, car c’est ce cépage indigène vénitien qu’on retrouve généralement en plus grande proportion dans ce vin. Néanmoins, pour le commun des mortels, ça sonne plus comme une marque de voiture que comme une variété de raisin.

Selon plusieurs ouvrages vinicoles, dont Wine Grapes, le nom viendrait de corvo – « corneille » en italien –, en référence à la couleur foncée de la baie, mais aussi de cruina, un mot du dialecte local synonyme du terme italien crua qui désigne un fruit immature ou vert (unripe) ; la corvina étant effectivement une variété à mûrissement tardif.

Bien que la variété soit surtout associée aux appellations italiennes valpolicella et bardolino, on en retrouve également dans la région de New South Wales en Australie et dans le vignoble de Tupungato en Argentine – pensez au passo doble de Masi.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’existe pas de lien de parenté entre corvina et corvinone, un autre cépage de la région souvent associé aux vins de valpolicella.

S’il est bien vrai que les amarones et autres ripassos italiens sont plutôt costauds, denses et construits pour la garde, la corvina, vinifiée seule et en sec, dévoile une personnalité qui se trouve à l’opposé de ces qualificatifs ; un vin digeste et léger au nez vraiment invitant, et à la structure tannique délicate.

Le Campo Massimo 2008 de la maison Piona correspond totalement à ces particularités. Au nez, on perçoit un début d’évolution avec des notes florales, de fruits rouges macérés et d’herbes séchées avec à l’avant-plan – étonnant pour un rouge ! – des arômes d’anis et de fenouil. C’est un vin franc et doté d’une belle énergie. Sa bouche fraîche et harmonieuse fait saliver. Il est d’une légèreté presque désaltérante tout en étant suffisamment consistant pour soutenir la nourriture.

Réservez ce vin pour le premier barbecue du printemps et essayez le poulet à la cannette de bière réinventé que le Sommelier fou nous a proposé l’été dernier. En prenant soin d’ajouter des graines de fenouil au mélange qui constituera la croûte, vous aurez un accord gourmand de circonstance. Vivement le printemps !

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