Cépage inusité : le verdejo

Publié par Frédéric Fortin le 13 Novembre 2013

La série de billets «cépage inusité» se consacre à des variétés de raisins moins courantes, insolites, ou du moins qui ne font pas partie de ce qu’on qualifie de cépages internationaux. Une fois par mois, on part à la découverte de vins originaux, de producteurs singuliers, de régions vinicoles curieuses… Bref, on sort de notre zone de confort.

Le verdejo est un cépage indigène blanc de l’appellation Rueda, au nord-ouest de l’Espagne. Planté au 11e siècle par des chrétiens fuyant l’Andalousie de l’occupation arabe, il a d’abord été vinifié en vin fortifié selon la méthode solera, comme on le fait plus au sud, à Jerez de la Frontera, pour le xérès. Ce n’est qu’au cours des années 1980, par l’intermédiaire de producteurs réputés tels Grinon et Riscal, que l’engouement pour cette variété – vinifiée en sec, cette fois – a réellement pris de l’ampleur.

© www.rueda.com

Cépage résistant, le verdejo est équipé pour faire face aux aléas du climat dans les  plateaux castillans. Car, même si Rueda se situe en zone de climat méditerranéen, la région subit l’influence continentale en raison de son altitude – les vignobles y sont plantés entre 700 et 800 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les hivers froids et longs éprouvent la vigne tandis que les températures élevées, la sécheresse et les risques de pourriture dus aux précipitations sont d’autres facteurs climatiques auxquels la baie résiste grâce à sa peau épaisse.

D’un point de vue organoleptique, les vins issus du verdejo sont caractérisés par des arômes de fruits (poire et pomme), d’agrumes ainsi que des notes anisées et d’herbe fraîchement coupée. Vous comprendrez pourquoi ils sont fréquemment comparés aux sauvignons blancs ; ils dévoilent des spectres aromatiques relativement similaires. Toutefois, le verdejo a souvent plus de corps et une texture plus ample que son alter ego bordelais, et ce, tout en conservant une bonne acidité.

Des exemples

L’été, on optera souvent pour des vins plus vifs et nerveux comme la cuvée Basa de Telmo Rodriguez. Un verdejo axé sur la fraîcheur, idéal pour l’apéro en période caniculaire. Toutefois, avec le mercure à la baisse des derniers jours, on aura envie de se tourner vers des vins plus ample, moins incisifs.

Le Naiades 2008 de Bodegas Naia et le Shaya 2011 de la maison éponyme sont non seulement d’excellents candidats pour survivre au spleen hivernal, ils sont aussi de véritables représentants de ce qui se fait de mieux présentement dans l’appellation espagnole Rueda.

Tous deux issus de vieilles vignes et dévoilant un caractère minéral assumé, les deux vins partagent beaucoup de similitudes d’un point de vue aromatique. Un côté fruité rappelant les agrumes et la poire ainsi que des arômes végétaux qui s’apparentent drôlement au fenouil. Plus complexe, le nez du Naiades nous laisse aussi percevoir des notes d’épices et de fumée apportées par la fermentation et l’élevage en barrique.

En bouche, les deux vins se démarquent à leur façon. Tandis que le Shaya surprend par son équilibre, sa pureté et son énergie, le Naiades se distingue avec sa grande complexité, sa texture soyeuse et sa longueur en bouche impressionnante.

Deux très bons vins pour découvrir ce cépage espagnol! Appréciez-les en compagnie de légumes rôtis, de pâtes au pesto ou encore d’un poisson à chair blanche grillé. Bon appétit !

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Ne reste plus qu’à pratiquer sa prononciation et le verdejo n’aura plus de secret pour vous !

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