
Arturo Cousiño pose fièrement derrière ses protégés.
En parcourant le site web de la bodega chilienne, on apprend que son fondateur, Matías Cousiño, fut un acteur important de l’industrie minière du Chili, plus particulièrement de l’exploitation du charbon.
Cependant, ce qui n’est pas mentionné – et que j’ai appris, mercredi dernier, lors de ma rencontre avec Arturo Cousiño –, c’est que l’établissement vinicole, fondé en 1856, a d’abord été une ferme où l’on cultivait des fruits. Ces derniers étaient, en grande partie, exportés vers la Californie; les fermiers de la région ayant abandonné leur production pour se lancer dans la ruée vers l’or.
Constat étonnant, mais véridique : les forty-niners sont, en quelque sorte, responsables de l’émergence de Cousiño-Macul.
Puisqu’une fois les cultivateurs californiens de retour aux champs – bredouilles pour la plupart –, la famille Cousiño a graduellement converti sa ferme en vignoble; la vigne occupant de plus en plus d’espace sur les terres, le vin se faisant alors de plus en plus présent dans la Valle del Maipo.
Belle histoire, n’est-ce pas? Et, il y en aurait bien d’autres… Arturo est un homme passionné qui aime raconter.
Dans le verre
Bien rassasié de récits historiques, j’ai été invité à déguster quelques-unes des cuvées de la maison, question de vérifier si j’y trouverais des joyaux…
Même s’il ne sera disponible en SAQ qu’au printemps prochain, je me dois de mentionner le Isidora Sauvignon Gris 2012. Cépage peu répandu, le sauvignon gris donne ici un vin très séduisant qui oscille entre sauvignon blanc et sémillon. Les arômes herbacés côtoient des notes de pêche et de miel tandis la fraîcheur apportée par l’acidité semble enrobé par une fine couche soyeuse. Un très beau vin d’été; faites une note à votre agenda.
En rouge, c’est le Finis Terrae 2009 qui a scintillé avec le plus d’éclat. Un vin qui a beaucoup de classe : un nez d’une belle complexité qui se dévoile lentement sur des notes de fruits noirs et un boisé relativement discret, le tout combiné à une belle tenue en bouche et caractérisé par des tannins fondus d’une persistance surprenante. À 39,75 $, difficile de ne pas apprécier cet assemblage de type bordelais qui ne dissimule pas ses origines chiliennes.
Élaboré pour célébrer les 150 ans de la bodega, le Lota demeure, quant à lui, le grand vin de Cousiño-Macul. Je ne dévoile pas mes notes pour celui-ci, je vous invite plutôt à aller déguster le millésime 2008 à La Grande Dégustation de Montréal et à partager vos impressions…





