En Italie, le blanc est bon aussi !

Publié par SAQ le 18 Novembre 2014

Par Rémy Charest

On le sait mieux qu’avant, mais cela vaut encore la peine de le répéter : en Italie, il y a du bon vin blanc, aussi. La production est loin d’être limitée aux litres de frascati ou de trebbiano très… légers, de nos jours. Les vins de caractère abondent et même les vins de garde.

En Italie vin blanc_Intro_Cellier

C’est vrai partout au pays, du nord au sud, de la petite arvine du Val d’Aoste au grillo de Sicile, parfois avec du chardonnay ou du sauvignon, mais très souvent avec des cépages autochtones tout à fait distinctifs. Vous voulez vous en convaincre ? Allez chercher une bouteille de Manzoni Fontanasanta de Foradori, maison exceptionnelle de la région des Dolomites, dans le nord-est du pays : il a du coffre et de la minéralité à revendre et ne ressemble à rien d’autre.

Côté sud, voyez les fianos et les greco-di-tufo de Campanie, produits par des maisons bien connues comme Mastroberardino. Même s’il fait très chaud, par là-bas, voilà des vins qui se tiennent bien droits, avec des petites doses d’amertume qui viennent équilibrer la rondeur et les notes florales, voire presque tropicales du cépage. Entre les deux, les verdicchios et les pecorinos de la région des Marches, bercés par les brises de l’Adriatique, ont de la fraîcheur à revendre.

L’arneis de Pio Cesare

Les grandes régions du Piémont et de Toscane se sont aussi mises à l’ouvrage, du côté des blancs, même si leur gloire provient des rouges. On pense notamment à l’arneis, cépage traditionnel piémontais qui a regagné la faveur des producteurs à partir des années 70. Chez Pio Cesare, on en produit quelques milliers de bouteilles par année, principalement vendues sur place, mais aussi à la SAQ (le 2012 est actuellement sur les rayons).

En entrevue au magazine Cellier, au printemps 2013, le patron de la maison, Pio Boffa, expliquait que les blancs, autrefois, servaient avant tout à couper les rouges, pour adoucir les tannins et rendre les vins plus ronds : « Quelqu’un a eu l’idée géniale de commencer une petite production avec le cépage arneis. C’est ce dernier qui est devenu au fil du temps le blanc sec traditionnel de Barolo et de Barbaresco. »

L’arneis ne déborde pas d’acidité, ce qui en fait un blanc souple, à boire en jeunesse. Ça tombe bien pour Boffa : « Dans ma famille, on ne s’excite pas tellement avec l’acidité. On préfère les vins ronds. »

On mange quoi, avec un vin pareil ? « Des petites bouchées, des pâtes à la tomate, au beurre ou à l’huile d’olive et du veau piémontais. Il faut que le plat soit léger, jamais riche. Nous l’aimons bien en apéritif avec un petit morceau de pain beurré, passé au four, enduit de parmesan quand il est croquant, sur lequel nous ajoutons parfois de la truffe blanche. Croyez-moi, c’est pas mal ! »

Le vermentino de Guado al Tasso

Autre exemple, côté toscan, cette fois, le vermentino produit par la famille Antinori au domaine Guado al Tasso (le 2013, tout frais tout beau, est actuellement à la SAQ). Même si le domaine est avant tout connu pour ses assemblages bordelais, on y produit aussi un très bon blanc de vermentino, un cépage qu’on appelle rolle, en Provence et au Languedoc. « Il faut savoir que le vermentino est une variété indigène qui provient probablement de la Corse ou de la Sardaigne et qui s’est largement répandue tout autour des côtes de la Méditerranée, expliquait Stefano Leone, directeur de l’exportation d’Antinori, également dans le Cellier du printemps 2013. Ce cépage donne un vin aux parfums explosifs d’agrumes et de fleurs blanches. En bouche, il est souvent rond et frais avec une finale légèrement amère. C’est, pour moi, le vin parfait à ouvrir avec les fruits de mer et les poissons à chair blanche comme le loup de mer ou le merlu. »

Le vermentino, selon lui, se boit surtout en jeunesse. Ce qui ne veut pas dire qu’il manque de caractère, surtout quand on le travaille de la façon bien spéciale que privilégie Guado al Tasso : « Ce qui distingue notre vermentino des autres, c’est qu’on le vendange en deux temps. On effectue une première sélection juste avant que le fruit atteigne sa pleine maturité et une seconde lorsque le raisin est parfaitement mûr. De cette manière, on obtient un vin à la fois riche et tendu, avec une petite amertume en finale, qui permet de le marier admirablement avec les fruits de mer, aussi bien qu’avec un simple plat de pâtes aux tomates, aubergines, haricots et herbes du jardin. »

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