Facteur humidex

Publié par Marc Chapleau le 11 Janvier 2012

Vous n’allez pas m’aimer… Il fait froid, les journées sont encore courtes et moi, l’abruti, qui débarque pour vous parler d’humidité… Brrr! Pour ne pas dire grrr!

Sauf qu’on n’a pas bien le choix : autant l’été c’est la température qui règne dans le cellier qui nous cause des soucis, autant l’hiver nos vins ont tendance à baigner dans un environnement trop sec. Le problème : en deçà d’un certain seuil d’humidité, les bouchons de liège peuvent avoir tendance à se dessécher et à se ratatiner juste assez pour laisser passer un peu d’air, le long des parois du goulot. Le risque : voir le vin lentement et inexorablement s’oxyder.

Je vous dis cela, remarquez, et rien ou presque n’est prouvé en ce domaine. Certains – la majorité, peut-on croire – prétendent qu’il faut conserver un seuil minimum de 50 % d’humidité relative dans le cellier; d’autres, comme Lalou Bize-Leroy, la très célèbre et très respectée productrice bourguignonne, prétendent même qu’en bas de 75 %, le vin peut s’altérer, qu’il ne vieillira pas bien. D’autres encore, j’en connais quelques-uns, s’en fichent comme de l’an quarante et se moquent de tous ceux et celles qui scrutent avec appréhension leur hygromètre, dès l’hiver arrivé…

Pour ma part, autant j’ai voilà longtemps lâché prise pour ce qui est de la température et de la climatisation de ma cave, autant je surveille et je régule l’humidité depuis le début. Or, après m’être toujours contenté d’un taux de 50 % d’humidité, je m’efforce ces dernières années de le maintenir plutôt autour de 60 %. J’y arrive en remplissant périodiquement un banal humidificateur de maison sur roulettes, qui fonctionne par évaporation.

Pourquoi cette hausse? Pour les mêmes fichues raisons qui font qu’un amateur de vin, c’est bien connu, n’est que rarement gouverné par la logique… En clair, entre les je-m’en-foutistes d’un côté et une Lalou Bize-Leroy archipuriste de l’autre, j’ai pris le parti du compromis, de la poire coupée en deux.

J’ai l’air très raisonnable en disant ça, je sais, alors qu’au fond, c’est seulement la peur qui me motive…

La peur de commettre une erreur, de ne pas assez dorloter mes vins, de risquer de les abîmer et donc, à terme, d’être déçu à l’ouverture. « Hon hon… ce n’est pas du tout le feu d’artifice auquel je m’attendais, ce Domaine Chouette ou ce Château Machin… »

Et c’est ainsi, en ce mercredi 11 janvier, qu’il fait 12,6 degrés Celsius et 62 % d’humidité dans mon cellier sous l’escalier.

Et chez vous, ça se passe comment? Tout baigne?

________________

P.-S. – Deux choses. D’abord quelques précisions intéressantes – qui flattent notre ego canadien – à propos du facteur humidex (et même du facteur vent, tandis qu’on y est) sur un site français. Puis oui, au Scrabble, on peut faire un mot sans voyelle, par exemple, brrr et grrr…

-
|

Laissez un commentaire


7 × = cinquante six

© Tous droits réservés, SAQ 2012
Les prix indiqués dans les différents articles et vidéos sont sujets à changement sans préavis.