Il risotto perfetto!

Publié par Marc Chapleau le 12 Octobre 2011

Le chef rigole, mais j'étais pour ma part très nerveux pendant ce cours de cuisine. Allait-il être aussi jovial après avoir enfourné mon risotto?

« Le risotto parfait! », oui, comme le dit le titre. Ça s’est passé lundi dernier, à Rome, et c’est votre moyennement humble serviteur qui l’a réussi. Je suis ici pour quelques jours, en effet, pour rencontrer, entre autres, les gens du Gambero Rosso dans leur repère : la Città del Gusto. Le rapport avec le risotto? La « Cité du goût » en question ne fait pas que produire des magazines, des livres et des émissions de télé : elle tient école et on y enseigne notamment la cuisine, tant aux professionnels qu’aux simples amateurs, dont je suis.

J’ai donc suivi en soirée un cours en compagnie d’une vingtaine de Romains et de Romaines pour ainsi dire ordinaires (et moi qui croyais que les Italiens étaient par définition des Di Stasio en puissance, tous capables de cuisiner!) Au menu : trois risottos d’affilée à préparer. Le chef nous montre comment d’abord, chaque fois, puis on s’exécute. Ses assistants veillent à ce qu’on ait tout le nécessaire devant nous.

Je ne parle pourtant pas italien, non. Je le baragouine, un po’. Mais j’avais à mes côtés un interprète, Lorenzo Ruggeri, sympathique jeune journaliste viticole du Gambero Rosso, qui parle l’anglais.

Ce que je retiens surtout de l’exercice? Mon couteau qui tremblait pendant que j’éminçais les oignons sous le regard pourtant pas si méchant du chef… Plus j’essayais de me calmer et plus j’avais les mains pleines de pouces — je m’imaginais les pauvres concurrents de notre émission radio-canadienne Les Chefs, qui subissent un stress autrement plus intense, compte tenu en plus de l’auditoire.

Lorenzo et moi formions la paire, on s’est bien entendus, sauf que les Italiens aiment le riz — et les pâtes aussi — pas mal plus croquant que nous. Résultat des courses : ce qui pour moi était al dente était trop cuit pour mon acolyte. On s’en est bien tirés quand même, dans l’ensemble. Le chef Gabriele, gentil peut-être pour l’invité canadien, allant jusqu’à décréter que l’un de nos risottos était molto buono

Il s’en est pourtant fallu de peu pour qu’on rate notre coup. C’est bien simple : mettez deux journalistes du vin ensemble devant un fourneau et un verre de vin d’accompagnement, et quasi toute leur attention ira sur le vino. Mettons qu’on était un brin dissipés… Notre riz a failli brûler!

Nous avons notamment parlé de barolos — « Il faut les attendre, ne les ouvrez pas avant au moins 10 ans! » — et de la Sardaigne qui, pour la première fois depuis longtemps, de poursuivre Lorenzo Ruggeri, vient tout juste de voir l’un de ses vins rouges élevé au rang de vin de l’année par le guide Vini d’Italia 2012 du Gambero Rosso.

Maintenant, histoire de ne pas vous mettre l’eau à la bouche pour rien avec ce vin et ces risottos, voici une suggestion de très bon rouge italien, de Sardaigne justement, que j’ai goûté au Québec juste avant de quitter pour l’Europe.

Il s’agit du Montessu 2009, d’appellation I.G.T. Isola dei Nuraghi et vendu 24,65 $. Un rouge à base de carignan, de merlot, de cabernet-sauvignon et de syrah, élaboré par les bons soins de Sebastiano Rosa, celui-là même qui élabore le fameux Sassicaia. Ce Montessu a des accents internationaux, il est moins astringent, plus souple et plus rond que bien des vins italiens élaborés à l’aide de cépages autochtones, mais il est fin et suave, doté d’une belle fraîcheur, et il se boit comme un charme. En prime, son étiquette est franchement jolie!

Je viens d’ailleurs de demander à mes amis du Gambero Rosso si ce Montessu avait été bien noté dans leur guide. Oui, de me répondre mon confrère Lorenzo; il a même obtenu 2 Bicchieri (sur une possibilité de trois).

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