La musique des notes…

Publié par Frédéric Fortin le 30 Janvier 2014

Tre bicchieri («trois verres» en italien), quatre ou cinq étoiles, des pointages sur cinq, dix, vingt ou cent… les notes attribuées aux vins par les critiques et les grandes revues vinicoles composent, à vue de nez, une mélodie passablement cacophonique.

Non seulement, il n’est pas toujours aisé de trouver les équivalences entre chacun des systèmes de notation, mais il existe au sein de barèmes aux échelles identiques des différences d’étalonnage. Par exemple, tandis que les vins qu’on qualifie d’«acceptables» se retrouvent dans l’intervalle 80-83 au Wine Enthusiast, c’est la tranche entre 60-70 qui définit ces mêmes produits pour Robert Parker. Difficile de s’y retrouver !

Par ailleurs, coup de chapeau à Steve De Long de delongwine.com – et merci à Marie-Hélène Boisvert pour le tuyau – qui a réussi à élaborer un tableau comparatif sensiblement intelligible de tous les systèmes employés dans le monde du vin. Beau travail de synthèse ! Quoi que ce ne soit pas le type de document qu’on appréciera consulter discrètement caché derrière une station de dégustation de l’espace Cellier…

Alors, utiles les notes ?

À mon avis, oui.

Elles ont du moins une utilité pratique ; elles aident à faire des choix éclairés en situation d’achat. Idéalement, il faut trouver un critique qui partage des goûts similaires  aux nôtres et dont le système de notation nous semble clair et efficace.

D‘ailleurs, j’aimerais bien vous entendre à ce sujet. Quel est votre critique fétiche ? Quel type de pointage vous apparaît le plus intelligible, le plus fiable? Le débat est lancé.

 ___________________

Ceux qui me lisent depuis quelques temps ont sans doute déjà constaté que je n’accorde pas de notes aux vins. Bien qu’il soit vrai que je trouve un peu réducteur de résumer l’expérience complète du vin, aussi complexe soit-elle, à l’aide d’un pointage, ce sont d’autres raisons qui justifient réellement ce choix.

D’abord, il y a quelque chose de poétique et d’intangible dans le vin qui se traduit plus naturellement en mots. C’est pourquoi, tout en essayant de ne pas sombrer dans un vocabulaire trop compliqué que seul certains initiés pourraient comprendre, j’essaie de vous révéler le contenu de la bouteille par des lettres plutôt que des chiffres.

Ensuite, contrairement à bien d’autres spécialistes qui critiquent plusieurs vins dans un seul article, je n’excède que très rarement deux produits par chronique. Quand une douzaine de vins se retrouve côte à côte dans un billet de blogue ou sur la page vin de votre journal favori, il devient plus pertinent de leur apposer une note. Ça permet de les comparer ensemble et de sélectionner les 2-3 vins que vous désirez vous procurer sur le lot.

En somme, les vins dont je vous parle depuis bientôt trois ans sur ce blogue n’ont qu’une seule note : ce sont des vins que j’ai acheté et que je rachèterai, que j’ai bu et que je reboirai, que j’ai apprécié et que je risque d’apprécier à nouveau, et ce, même si le contexte est différent. Des vins équilibrés qui se définissent par l’harmonie !

Toujours dans cet esprit, je n’hésite pas une seconde à vous conseiller la Cuvée des Conti 2012, un bergerac sec qui rend hommage au sémillon. Une texture grasse, mais bien soutenue par une acidité vivifiante et d’expressifs arômes de fruits jaunes, de miel et d’épices. Le genre de vin qui donne vraiment envie de cuisine indienne.

-
|

Laissez un commentaire


huit + 7 =

© Tous droits réservés, SAQ 2012
Les prix indiqués dans les différents articles et vidéos sont sujets à changement sans préavis.