La sommellerie au féminin

Publié par Marie-Hélène Boisvert le 8 Mars 2017

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Dans le cadre de la journée de la femme, nous avons eu envie d’en savoir plus sur la place de la femme en sommellerie et les enjeux actuels du domaine. Pour y répondre, nous avons choisi deux sommelières qui ont le vent dans les voiles et des projets bien concrets sur le feu.

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Jessica Harnois

Cette sommelière animatrice qui pourrait aisément se passer de présentation vient tout juste de débuter l’animation d’une nouvelle émission de télévision. Il ne s’agit pas d’une émission sur le vin cette fois, mais sur l’entrepreneuriat. Le goût des affaires, diffusé sur la chaîne MaTV.

Avant l’animation, Jessica a travaillé pour les plus grands établissements au monde, dont le Toqué à Montréal, le Charlie Trotter’s à Chicago et le Tetsuya’s à Sydney. Elle a également créé sa gamme de vins, , vendu à plusieurs millions de bouteilles partout au Québec.

1- Pourquoi avoir choisi la sommellerie?

Par passion! C’était ma destinée. J’ai débuté très jeune dans le métier et depuis, je ne cesse de m’émerveiller. Pour moi, le vin c’est un jeu des sens. Comment un jus de raisin fermenté peut sentir le citron?  Le popcorn au beurre? C’est magique!

2- Avez-vous vécu des obstacles en tant que femme dans la sommellerie?

Homme ou Femme : nous sommes humains, point! Quand on veut, on peut! Et c’est seulement avec une persévérance inébranlable que l’on atteint nos buts, mais il faut aussi savoir s’entourer. Mon équipe de Savori, Dégustation Vegas et Vins au Féminin est absolument extraordinaire.

3- Quels sont les défis et enjeux actuels dans la sommellerie québécoise et mondiale?

Nous avons des TOP sommeliers au Québec grâce à l’association canadienne des sommeliers professionnels. Le défi est de maintenir cette association et d’arriver à enrôler fièrement tous les sommeliers pour nous faire connaître sur la scène internationale! Ensemble nous irons loin! Je souhaite la meilleure des chances à Mylène Poisson pour la prochaine compétition!

4- Y’a-t-il une femme qui vous a inspirée et influencée?

La liste de femmes en sommellerie qui m’inspire est longue!!! J’adore Véronique Rivest! Elle a du chien, de la détermination et elle fait tout ça en riant, en restant vrai et en maintenant une superbe vie familiale et amoureuse. Je la respecte énormément!


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Mylène Poisson

Diplômée du programme ASP en sommellerie de l’ITHQ depuis 2009, Mylène a par la suite, suivi le cours d’analyse sensorielle des vins du Monde (également à l’ITHQ). Elle a obtenu la mention ‘’certified sommelier’’ du ‘’Court of Master Sommelier’’ et terminé le niveau 3 du WSET ainsi qu’un certificat en oenologie à l’Université du Vin de Suze-La-Rousse en France.  Elle s’est aussi mérité la Bourse des Grands Chefs Relais & Châteaux en 2012.

Mylène travaille à titre de sommelière à Maison Boulud au Ritz Carlton Montréal depuis 2013.  Mylène est la seule femme qui prendra part au Concours du meilleur sommelier du Québec qui aura lieu en mai prochain.

1- Pourquoi avoir choisi la sommellerie?

J’ai mis beaucoup de temps à trouver ce que j’avais envie de faire dans la vie.  Depuis un très jeune âge, j’ai toujours adoré tout sentir et j’ai toujours eu un intérêt marqué pour la nourriture et les voyages.  J’ai donc pensé me diriger vers la cuisine, mais j’ai rapidement réalisé qu’il me manquait quelque chose.  Ce quelque chose est essentiel dans mon quotidien et c’est le contact direct avec les gens.

J’ai donc débuté un cours en gestion touristique à l’ITHQ où nous avions un cours d’initiation à la sommellerie.  Dès le premier cours, j’ai cru que mon coeur allait exploser tellement il battait vite.  Là j’ai su: je voulais devenir sommelière!

2- Avez-vous vécu des obstacles en tant que femme dans la sommellerie?

Je suis d’une génération où les classes de sommellerie étaient plutôt mixtes. Cela dit, il est vrai qu’à l’étranger les femmes sont habituellement en minorité dans ce domaine.

Je me considère choyée de ne pas avoir vraiment vécu d’épreuves ou de difficultés spécifiques dans mon domaine par rapport au fait que je sois une femme.  J’ai eu la chance de rencontrer sur mon chemin des gens très ouverts d’esprit.

Puisqu’il y a de manière générale moins de femmes sommelières que d’hommes, je constate que les femmes ont de plus en plus d’opportunités de se démarquer dans le milieu et je n’y vois donc que du positif!

3- Quels sont les défis et enjeux actuels dans la sommellerie québécoise et mondiale?

J’aurais davantage tendance à associer la notion d’enjeux à la viticulture plutôt qu’à la sommellerie.  Selon moi, les changements climatiques y sont pour beaucoup.  Ça pousse les vignerons et les œnologues à se tenir à la fine pointe de la technologie et ainsi, ajuster leurs méthodes de viticulture et leurs techniques de vinification et/ou d’élevage.

En ce qui concerne les défis en sommellerie, je dirais que les clients sont de plus en plus connaisseurs dans le domaine, il est donc primordial pour un sommelier d’être à jour quant à la diversité de l’offre de produits alcoolisés à l’échelle mondiale.

Le sommelier doit en tout temps être informé des derniers changements ou nouveautés dans le domaine (et ça n’arrête jamais!) et ce, en passant par les vins, les spiritueux, les sakés, les thés, les cafés, les cigares, la viticulture, les lois, l’œnologie, la géographie, les accords mets et vins, un peu de mathématiques et j’en passe!

4- Y’a-t-il une femme qui vous a inspirée et influencée?

Définitivement Madame Kathleen Mc Neil, enseignante en sommellerie à l’Institut de Tourisme et d’Hôtellerie du Québec.  Madame Mc Neil fut ma toute première professeure en sommellerie.  C’est avec son professionnalisme, son naturel ainsi que son sens de l’humour qu’elle m’a littéralement transmis sa grande passion pour le vin.  Je lui en serai toujours reconnaissante. Également, Jancis Robinson est pour moi une belle source d’inspiration féminine dans le milieu du vin.

Elle est heureusement loin l’époque où, dans les vignobles, on interdisait l’entrée dans les chais aux femmes de peur qu’elles ne fassent tourner le vin. Et si les femmes sont plus nombreuses et acceptées dans ce milieu traditionnellement majoritairement masculin, c’est parce que des sommelières comme Jessica Harnois et Mylène Poisson participent avec professionnalisme et talent au rayonnement de la sommellerie québécoise.

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