
Petite prune ronde, de couleur jaune, on retrouve la mirabelle surtout en Lorraine. Vous comprendrez l'allusion à ce fruit dans quelques lignes...
«De ce nez fougueux se dégagent des pommes à cidre, des fruits jaunes vivaces, et des tonalités terriennes, oscillant entre terre humide et mousse d’arbre. Entre ces 2 familles aromatiques, le lien est assuré par une touche de bergamote. Après aération, la précision de l’élevage révèle une touche de brioche (pain perdu), de pâte à gâteau, revenant sur des pointes d’agrumes confits, de citron, rhubarbe puis mirabelle».
Voici la description du bouquet d’un champagne de Francis Boulard tel que perçu par le sommelier français Emmanuel Delmas. Exagéré, vous dites? Peut-être un peu. Néanmoins, il n’est tout de même pas si rare que les chroniqueurs ou professionnels du vin s’y prennent les pieds et errent dans la poésie vinique – ça m’arrive aussi, vous l’aurez sans doute déjà constaté…
Par ailleurs, pour mettre sur papier de telles énumérations odorantes, il faut d’abord les percevoir – à moins d’avoir l’imagination drôlement fertile.
Sentir ou ne pas sentir, telle est la question.
Quoi qu’il en soit, le nez – la mémoire olfactive devrait-on dire –, ça se développe avec l’entrainement ! Or, comment devenir un «grand nez» ? Est-ce que le coffret d’arômes s’avère le meilleur coach ?
À cette question, ma réponse demeure ambivalente; je réponds oui et non à la fois.
OUI
Les coffrets d’arômes tels que ceux commercialisés aux Éditons Jean Lenoir, constituent un excellent outil pour se familiariser avec une grande variété d’arômes se retrouvant dans le vin.
Compacts et agrémentés d’un livret d’informations complémentaires, ces boitiers aux multiples senteurs incitent à la découverte dans un contexte ludique. Les fiches qui accompagnent chacun des flacons portent d’ailleurs le nom de «cartes à jouer» dans les coffrets «Le Nez du Vin».
Plusieurs possibilités s’offrent à vous à l’ouverture du «livre aromatique» : en groupe, essayez, à tour de rôle, de mettre le doigt – le nez plutôt – sur l’arôme qu’un des participants vous fait sentir; en duo, tentez, avec quelques-uns des flacons, de reconstituer la trame aromatique du vin que vous dégustez; seul, humez la fiole tout en lisant la fiche informative, ainsi vous exercerez non seulement votre mémoire olfactive, mais aussi votre mémoire associative.
NON
On parle d’un investissement assez important! À titre indicatif, le coffret de 54 arômes de Jean Lenoir – le Master Kit comme l’appellent nos cousins français – se chiffre à 300 € sur le site de vente en ligne. Ce qui signifie qu’il est impossible de le retrouver au Québec sous la barre des 600 $. Ce n’est pas donné.
De plus, ce ne sont pas des arômes naturels; les odeurs sont recréées en laboratoire à partir de différentes molécules chimiques. C’est pourquoi vous constaterez que certaines de ces fioles de synthèse ne traduisent pas exactement les senteurs auxquelles on pourrait s’attendre. Parfois décevant.
Enfin, il ne faut surtout pas oublier qu’il y a tout ce qu’il faut autour de nous, dans notre environnement immédiat. Il suffit d’être attentif… olfactivement parlant!
Avez-vous déjà humé une pomme fraichement tranchée? Avez-vous déjà flairé de près un plant de tomates? Senti les feuilles au sol à l’automne? La poussière de craie sur une ardoise? Tout est là, et c’est très économique…!
Qu’en dites-vous?






Fascinant, ludique et utile pour les personnes qui débutent leur apprentissage, histoire de découvrir les arômes du vin les plus courants…en autant que le prix du coffret demeure raisonnable. Nul besoin d’acheter des coffret à 400$-500$, voire plus. Par la suite, on préfère sentir et découvrir directement dans le verre!
P.S. Les senteurs aussi trippantes soient-elles, ne servent qu’à décrire le vin, non à le qualifier (trouver les qualités). Ce sont la structure, la finesse et l’équilibre qui produisent de grands vins…par les arômes de ciron ou de violette.
Club des Dégustateurs de Grands Vins
100% d’accord avec le NON. Il faut parfois apprendre à prendre le temps de humer ce qui nous entoure. Profitez-en surtout en voyage, car c’est une excellente façon de profiter de ce qu’un terroir précis à a offrir, tout en emmagasinant des souvenirs fort durables, car l’odorat est le sens créant les souvenirs les plus forts. De plus, ça permet de mieux comprendre certaines références américaines ou européennes.
pis c’est tellement plaisant de sentir les roses!
[...] «De ce nez fougueux se dégagent des pommes à cidre, des fruits jaunes vivaces, et des tonalités terriennes, oscillant entre terre humide et mousse d’arbre. Entre ces 2 familles aromatiques, le lien est assuré par une touche de bergamote. [...]
Point important à retenir: c’est parfois NOS références olfactives qui sont basées sur des arômes artificielles qu’on retrouve un peu partout dans l’alimentation! L’avantage de ces coffrets est d’apprendre à détecter des arômes sans aucun support visuel (car on ne voit évidemment pas de cerises, de mûres, et encore moins de rose ou de violette dans nos verres).
On retrouve aussi des coffrets de 6, 12, 24 arômes qui sont moins dispendieux et plus accessibles, pour ceux qui ne sont qu’amateurs et non sommeliers professionnels!
Pour ma part, je préfère humer et boire du vrai vin.
Avec ce budget (600 $), je suis en mesure de me payer une trentaine de bouteilles dans ma gamme de prix, alors… le choix n’est pas difficile!