Les vins de la Loire vus par Benoît Roumet

Publié par Frédéric Fortin le 13 Juillet 2012

Château_Loire_Roumet_Cellier_Vin« Le vin, ça doit être vivant ! Il ne faut pas que ce soit stéréotypé… ». Voilà ce que répond le directeur du Bureau Interprofessionnel des Vins du Centre (BIVC), Benoît Roumet, lorsqu’on lui demande quel genre de vin il apprécie. Et, heureusement, c’est exactement ce qu’il retrouve dans la plupart des vins de la Loire dont il fait la promotion – par l’intermédiaire du BIVC – depuis 1994.

Au Québec, nous ne sommes pas vraiment familiers avec ce genre de structure que sont les comités interprofessionnels. En bref, les conseils comme le BIVC sont des organismes semi-publics créés par le législateur français pour gérer les intérêts communs des vignerons et des négociants. En tant que directeur du bureau regroupant les appellations du Centre-Loire (Sancerre, Quincy, Pouilly-Fumé, Menetou-Salon, Reuilly, Châteaumeillant et Côteaux-du-Giennois), Benoît Roumet veille à la promotion, aux communications, aux relations politiques et aux financement des études techniques et économiques. Tout ça, pour assurer le rayonnement du vignoble ligérien à l’international.

Pour en apprendre davantage sur le BIVC et les rôles de son directeur, je vous invite à visionner cette vidéo publiée sur le blogue du chroniqueur Guénaël Revel, Le Petit Canon. M. Roumet, lui-même, y dresse le portrait de l’organisation…

Le Centre-Loire, c’est une grande variété de sols et de climats parsemée de magnifiques châteaux médiévaux – rien à voir avec le vin, je sais –, mais c’est d’abord et avant tout une région vinicole où le sauvignon blanc s’exprime avec pureté et élégance. Benoît Roumet a d’ailleurs en tête les sauvignons de Sancerre, Menetou-Salon et Pouilly-Fumé lorsqu’il affirme : « Ce sont des vins à boire ! Une fois qu’on a fini notre verre, on a qu’une seule envie… l’emplir à nouveau. »

Question de vérifier s’il dit vrai, voici deux sauvignons blancs du millésime 2010, dégustés en sa compagnie et qui pourraient bien vous offrir un moment répit au cours de la fin de semaine caniculaire qui s’amorce.

Le pouilly-fumé du Domaine des Fines Caillottes avec son nez aromatique, mais tout en retenue, et une bouche fraîche et tendue témoigne du savoir-faire de Jean Pabiot. Les arômes d’agrume et les notes minérales qui se manifestent plus nettement à l’olfaction qu’en bouche révèlent l’empreinte du terroir et une parfaite maîtrise des dates de vendange.

Parce que tel que le mentionnait M. Roumet lors de notre rencontre, il y a quelque temps déjà, le sauvignon blanc n’exhale pas tant de puissants parfums s’il est cueilli à maturité optimale. Ainsi, les arômes de buis (pipi de chat) qu’on perçoit parfois dans certaines cuvées de sauvignon blanc traduisent souvent des vendanges trop hâtives tandis que, à l’inverse, des vendanges effectuées trop tardivement contribuent aux saveurs de pamplemousse rose prononcées ou de noix de coco. En ce qui me concerne, je préfère la modestie… Vous me l’avez déjà entendu dire ici d’ailleurs.

Quant à lui, le menetou-salon du Domaine Henry Pellé, dont les raisins sont tous issus du village de Morogues, apparaît moins aromatique, mais plus mûr, plus ample en bouche. Les sols argilo-calcaires sur lesquels les vignes poussent contribuent à donner des « [...] vins qui ont plus d’épaule », pour utiliser les termes de M. Roumet. Bien que le nez semble discret, la bouche dévoile de subtils arômes de fruits blancs, on reconnaît entre autres la pêche, le coing, la poire… Un excellent vin parasol !

En somme, deux vins vivants pour revigorer l’être alangui que nous devenons parfois lorsque mercure élevé et humidité accablante se rencontrent….

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