Ça s’est passé il y a un peu plus de deux ans et ça avait créé tout un émoi… Un relativement modeste vin rouge d’appellation bordeaux supérieur avait fait mal paraître une pléiade de grands crus classés du même millésime 2001, lors d’une dégustation à l’aveugle organisée par le Grand Jury européen. La star en question : le Grand Vin de Reignac, dont on trouve présentement le millésime 2006 à la SAQ.
Je viens d’acheter ce dernier et l’ai goûté hier soir, à découvert. Pas à l’aveugle, c’est vrai, mais s’il est aussi bon que ce que laisse voir et entendre la vidéo qu’on peut regarder sur YouTube, je me disais qu’il serait très difficile de passer à côté, que ses qualités allaient être assez évidentes.
Or… déception ! Le vin (**) n’est pas franchement mauvais, il y a de la matière, c’est concentré, mais que de bois là-dedans… On cherche en vain le fruit, la fraîcheur, l’élégance. À 39,75 $ la bouteille, on s’attend à beaucoup plus. Surtout que, pour pas mal moins cher, on peut, par exemple, se procurer dans le même millésime le Château de Cruzeau, dont j’ai parlé récemment ici même sur le blogue.
Malgré tout, la soirée n’a pas été bousillée puisque j’avais ouvert, juste avant le Reignac, le délicieux cru du Beaujolais Chenas Quartz 2010, du domaine Piron-Lameloise.
Quel beau vin ! Moins gourmand peut-être, moins rond et moins charnu que le même vin dans le superlatif millésime 2009, mais du tonus à revendre, du fruit juste assez, de la minéralité tout plein (***1/2). À 20 $ et des poussières, on serait même bien avisé d’en mettre quelques bouteilles de côté. Ce chenas vieillira bien, c’est à peu près assuré, et dans mon calepin j’ai noté, comme horizon de garde, « 2015-2017 ».
Et qu’importe, si je me suis emporté un peu. L’important, ce sera ensuite de s’amuser à ouvrir les bouteilles périodiquement, pour suivre l’évolution du vin. Dure dure, la vie de l’amateur…






Oups ! J’ai oublié de mettre un accent aigu sur le « e », c’est « chénas ». Mais ça ne change rien, ça demeure très bon !