Papilles bioniques

Publié par Marc Chapleau le 4 Mai 2012

Dégustation_Germette_Cellier_vinC’est dans La Revue du vin de France d’avril. Un compte rendu de dégustation d’Antoine Gerbelle. « Le Languedoc à l’épreuve du temps », claironne le titre en haut de page. Eh bien, en lisant l’article, et surtout les conditions de dégustation, on se dit que le journaliste Gerbelle est, lui aussi, solide comme le roc et à toute épreuve, vu qu’il a résisté, et pas qu’un peu, à un sacré marathon.

« Antoine Gerbelle a dégusté 595 vins du 6 au 8 février 2012, à Montpellier et à Narbonne [...] » Pardon ? Ai-je bien lu ? Cinq cent quatre-vingt-quinze vins en trois jours (si ce n’est deux) ? Pas besoin d’être Einstein pour en arriver à la conclusion que le bourreau de travail s’est ainsi frotté à la bagatelle de 200 vins par jour… Et nous qui pensions que Robert Parker, le vieux gourou américain, dépassait les bornes avec ses 100 vins quotidiens !

Je me suis quand même dit que ça ne se pouvait pas, qu’il devait y avoir une erreur typographique, une coquille, qu’il aurait fallu lire « 95 vins » ou « 295 », quelque chose comme ça. Eh non, quelques pages plus loin, le magazine fait encore bel et bien mention de 600 vins testés au cours de cette dégustation.

Or, la norme dans le milieu du vin, en présumant qu’il en existe une, tournerait plutôt autour de 50 à 60 bouteilles par jour. Au-delà, même en recrachant, les papilles s’émoussent et le jugement risque de filer à l’anglaise, lui aussi. Par exemple, au magazine Cellier, nous nous limitons à 30 échantillons lors de nos bancs d’essai réunissant des experts aussi qualifiés que le journaliste français.

Maintenant, que les mauvaises langues se le tiennent pour dit : nulle jalousie ne motive ma tirade d’aujourd’hui. C’est juste que, sapristi !, j’aimerais donc ça avoir des papilles bioniques comme ce cher Antoine…

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