Robert Parker, des vins qui ont la cote

Publié par Frédéric Fortin le 23 Janvier 2014

C’est indéniable, certains critiques ont une réelle emprise sur les marchés. Non seulement ils posent des balises pour la fixation des prix, mais les notes qu’ils attribuent aux vins guident le consommateur dans ses choix et constituent d’éloquents arguments de vente pour les détaillants et cavistes.

 Parmi ces «gourous» du vin, Robert Parker demeure sans aucun doute le plus influent. D’ailleurs, on entend de temps à autre le terme «parkérisé» par les chroniqueurs et journalistes lorsqu’ils font allusion à ces vins au caractère robuste, concentrés et  généreusement boisés qui semblent plaire au célèbre dégustateur si on en croit les notes qu’il leur accorde.

S’il est vrai que chaque critique a des goûts bien personnels qui se manifestent inévitablement dans les notes qu’il attribue – l’objectivité pure et dure n’existe pas –, n’y a-t-il pas un raccourci facile à prétendre que les vins que Parker notent 90 ou plus possèdent tous un caractère précis qui se résume en quelques mots.

En dégustant l’arrivage de 11 vins notés 90 et + par le Wine Advocate  (la revue publiée par le critique américain) mis en vente aujourd’hui, j’ai tenté de répondre à la question. D’une part, en tâchant d’identifier dans les vins dégustés ces caractéristiques «parkérisantes» – nouvelle variation sur le néologisme… – et en vérifiant si les vins qui me semblaient les plus réussis avaient obtenus les meilleures notes.

Consternation !

Plusieurs vins ne sont pas définissables par les attributs cités ci-dessus –  fallait s’y attendre. Comment des crus du Beaujolais élaborés par le Domaine de Vissoux ou Jean-Paul Brun et un riesling kabinett de Selbach-Oster, par exemple, peuvent-ils être boisés et vineux ? De plus, les deux cuvées que j’ai le plus appréciées dans la sélection sont aussi celles qui obtiennent la meilleure note décernée par Parker. Ça s’attrape le parkérisme ? Ok, j’abuse…

Sans creuser plus loin pour cette fois – je reviendrai dès la semaine prochaine avec un texte plus complet sur les systèmes de notation –, il faut tout de même admettre que la réflexion sur ces critiques de vin à la réputation internationale ne trouve pas sa réponse dans un jeux de mots avec leurs noms de famille. Histoire à suivre…

Revenons donc à ces deux bouteilles.

Shiraz  Mathilda Tournon 2011 M.Chapoutier  WA 94

Jolie cuvée tout en finesse de Michel Chapoutier, l’homme qui se qualifie d’«inventeur de terroir».

Un shiraz australien fringuant qui pourrait aisément porter le nom original du cépage tellement il a les caractéristiques d’une syrah du Rhône septentrional.

Même si l’approche de vinification (pas de surmaturité et élevage en cuve inox) explique en partie cette similarité, il faut aussi se pencher sur l’emplacement géographique du vignoble ; les Pyrénées australiennes disposant effectivement d’un climat relativement frais qui permet une pleine expression de la variété.

Des arômes de fruits noirs, de la violette, des notes de poivre, une bouche tendue aux tannins fins… à l’aveugle, on se croirait à St-Joseph. À un peu plus de 20$, bondissez sur cette occasion !

Nero d’Avola – Nerobaronj 2008 – Gulfi  WA 95

La Sicile est une région vinicole qui m’a surpris à plusieurs reprises dans les deux dernières années. Et ce nero d’avola de la maison Gulfi fera possiblement encore partie de mon TOP 10 de l’année au mois de décembre prochain.

C’est étrange à dire, mais c’est un vin qui a du charisme.

Oui, il a un magnifique nez, très complexe, où se côtoient les arômes de cacao, de fruits noirs, de réglisse et de fumée. Oui, sa bouche est ample et soyeuse, équilibrée et harmonieuse et dispose d’une longue finale minérale. Mais, il y a autre chose.

 Quelque chose de difficile à définir qui fait en sorte que ce vin impose le respect, sans être intimidant. Regardez sous le bouchon, vous allez voir…

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