Suivre un cours sur le vin: oui ou non?

Publié par Marc Chapleau le 20 Mai 2011

On me demande souvent si je suis sommelier. Je pourrais dire oui, en un sens, puisque je suis plutôt à l’aise avec les accords vins-mets. Mais comme je ne travaille pas dans un restaurant, je ne saurais légitimement prétendre au titre.

Je n’ai pas non plus suivi de cours comme tel, et je n’ai d’autre diplôme que celui que j’ai jadis décroché à l’UQAM, en sciences humaines. Cela fait donc de moi – comme Robert Parker, comme Michel Phaneuf, comme plusieurs grands vignerons – un autodidacte du vin. Et donc la preuve vivante qu’il n’est pas absolument nécessaire de suivre un cours, quel qu’il soit, pour devenir connaisseur.

Champlain Charest, le célèbre médecin-restaurateur de Sainte-Marguerite-du-lac-Masson, disait d’ailleurs : « Après avoir fait des études de médecine [...] on en a marre des cours. J’ai donc essayé d’apprendre le vin par osmose, par la lecture, par le contact avec les vignerons et les grands dégustateurs, ou encore, en buvant avec des connaisseurs

Bien entendu, le consommateur ordinaire n’a pas nécessairement accès à des connaisseurs et à de grands dégustateurs. Par contre, les salons sur les vins, les dégustations ici et là, les forums de discussion, les blogues et tout le trafic généré par les médias sociaux représentent autant d’occasions de se mettre à jour, de comparer ses impressions de dégustation, de poser des questions sur le vin, de se joindre à un groupe – de faire ses classes, quoi.

Vous dire après que c’est un jeu d’enfant, ce serait mentir. Certes, bien goûter le vin s’apprend assez aisément et est donné à pratiquement tout le monde. C’est juste qu’une fois la glace brisée, pour progresser, il faut remettre sur le métier encore et encore, se tromper, recommencer…

Vu de l’extérieur, cela peut sembler rasant, ennuyant. Sauf qu’une fois qu’on a la piqûre, on ne voit plus le temps passer!

Une dernière chose: à mes propres débuts dans le vin, j’avais mis mes prêts-bourses en commun avec deux copains pour m’auto-initier à la chose. On n’achetait que des grands crus! J’ai donc commencé à l’envers, au haut de l’échelle, et fait le contraire de ce qu’on apprend dans les cours.

Moralité: faites-vous confiance, Yes you can! Mais si vous préférez apprendre en bénéficiant d’un encadrement, avec un ordre établi, c’est évidemment tout bon aussi.

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commentaires

  1. Marc André Gagnon dit le 21 Mai 2011 à 11:54 am

    Oui, bien sûr, on peut apprendre par soi-même si on a beaucoup de temps à y consacrer. C’est le cas des professionnels du vin. Mais pour les amateurs… quelques soirées de cours avec un prof passionné…
    Avant un cours, on boit.
    Après un cours, on déguste.
    Avant un cours, on croit savoir.
    Après le cours, on sait qu’on en a encore beaucoup à apprendre.
    Après avoir suivi un cours, on ne boit jamais plus de la même façon.
    Le cours, surtout pour la technique de dégustation, pour l’ouverture aux divers types de vins, pour apprendre la concentration. Et pour se faire de nouveau amis passionnés.
    Le cours ce n’est que le début.
    Le choix du prof est bien important. Ah, si Marc donnait des cours, en bon pédagogue qu’il est, je suis certain que ce serait captivant.

  2. Louis T Blais dit le 23 Mai 2011 à 8:04 am

    Entièrement d’accord avec M. Gagnon.

    Évidemment, comme j’ai enseigné le vin pendant 11 ans, je vais dire qu’un cours est essentiel !

    Pas vraiment, mais cependant c’est comme en cuisine : un cours de base aide beaucoup pour la suite.

    Le consommateur qui ne sait pas ce que le terme ‘cépage’ veut dire a un petit bout de chemin à faire sur Internet ou dans des revues ou guides spécialisés : le cours lui donnera une belle longueur d’avance.

    Je donne occasionnellement des cours d’initiation à la science du vin et je dis toujours us élèves que mon but après le cours est qu’il n’ait plus besoin de moi.

    Bref, un petit cours sur cet art ne fait pas de tort; par après, Internet, de belles revues comme le Cellier, sont là pour la suite !

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